samedi 29 octobre 2016

La rencontre de novembre des assistantes maternelles : le repas, temps de plaisir et de communication

Novembre à Lyon, c'est le mois de la rencontre des assistantes maternelles qui se réunissent pour parler de l'approche Pikler de l'éducation.

Cette année, c'est autour du temps du repas que nous échangerons. Ce thème avait déjà été abordé en 2011 (si vous cherchez bien il y a même un compte rendu sur ce blog) mais c'était alors Michèle Célarié qui présidait les débats et ce n'était pas dans le cadre de ces rencontres. 

Cette fois c'est Diana ZUMSTEIN, psychologue qui s'y colle : 
Comment les repas du bébé puis de l’enfant, dans leur installation, leur rythme, leur déroulement, peuvent devenir un temps de plaisir gustatif, de soins maternants dans une relation privilégiée avec l’adulte ?



Et, non, cette fois, il n'y aura pas forcément de compte rendu réel de la soirée. Si vous voulez savoir ce qu'il s'y raconte, faut venir !

Public : Tous les professionnels de la petite enfance et de la famille
Avec
Diana ZUMSTEIN Psychologue
Durée Soirée de 19 h 30 à 21 h 30
Dates
24/11/2016
Lieu  
Collège Gilbert Dru 42 r J. Hachette 69003 LYON
Tarif
10 €

lundi 25 janvier 2016

Petite mise au point sur la motricité libre

Si je me lance dans ce post qui va peut-être énerver quelques mamans, c'est parce que depuis quelques mois, je vois un phénomène extraordinaire arriver : il semblerait que la motricité libre devienne peu à peu à la mode ! Jusque là réservée aux professionnels avertis, elle arrive enfin dans les familles, pas dans toutes certes, mais on sent quand même une nette évolution.

Pour ceux qui seraient passés à côté de cette (r)évolution - il serait quand même étonnant que vous soyez arrivés ici par hasard - la motricité libre, est un concept mis en évidence tout au long de sa vie professionnelle par la pédiatre hongroise Emmi Pikler, qui amène "à considérer l'enfant comme une personne, dès le plus jeune âge, capable d'initiative, compétente, et capable de prendre une part active à son propre développement". Ainsi on laissera évoluer le bébé à son rythme sans jamais interférer dans ses mouvements, sans le mettre par exemple dans des postures qu'il n'a pas encore découvertes de lui-même et qu'il n'est pas encore prêt à adopter, L'enfant a alors la joie de découvrir ces postures par lui-même et prend confiance en ses propres capacités.

Photo tirée du site de l'association Pikler Loczy




Mon article n'a pas pour but de vous expliquer en détail ce qu'est la motricité libre ou motricité autonome, mais de vous parler de ce que, à mon sens, elle n'est pas. En parcourant les réseaux sociaux, je me suis en effet aperçue que si ce concept était en vogue, on semblait oublier totalement d'où il venait et quel était son véritable but.



1) La motricité libre, ce n'est pas du Montessori :


C'est la première bizarrerie que j'ai remarquée. Dans les groupes facebook traitant du sujet par exemple, on parle plus de Maria Montessori que d'Emmi Pikler qui est quand même le pédiatre à la base du concept. Pourtant si les deux approches ont en effet en commun de porter une attention particulière à l'enfant par l'observation, de favoriser son autonomie et son indépendance, elles diffèrent quand même sur certains points.

Certains jouets importants chez Montessori ne seront pas du tout utilisés chez Pikler et même considéré comme gênant la motricité libre de l'enfant. Le mobile par exemple :"placé au-dessus de la tête de l’enfant et hors de la portée de ses mains, seul son regard est sollicité. L’agitation que peut provoquer un tel objet se calmerait si l’enfant pouvait l’attraper, le manipuler, en découvrir les différentes caractéristiques, ce qui n’est pas le cas. Présenté comme un jouet que l’enfant va regarder, il est plutôt destiné à la décoration".

Il en sera de même pour le portique : élément essentiel de l'ambiance du  nido montessorien, il ne sera pas utilisé par les adeptes pikleriens de la motricité libre. "les objets suspendus, difficiles à atteindre, limitent l’intérêt du portique. Et si l’enfant peut attraper un des objets, il ne peut le porter à sa bouche, ni le manipuler, le tourner, le rapprocher, l’éloigner comme il le veut. De même, l’action que l’enfant peut exercer sur l’objet est limitée. Il peut, certes, taper dessus ou le tirer, mais lorsqu’il le lâche, l’objet reste suspendu au lieu de tomber : il reçoit une fausse information. Certains enfants manifestent même de l’agacement face à cette stimulation permanente occasionnée par des objets en mouvement dans son champ visuel alors qu’il n’est pas encore capable de s’en éloigner de lui-même. Soulignons également qu’avant 3 mois, en détournant l’attention de l’enfant, la présence du portique le gêne dans la découverte de ses mains." 

2) La motricité libre, ce n'est pas vraiment du Michèle Forestier :

Toujours sur ces fameux réseaux sociaux j'ai aussi pu remarquer que lorsqu' une personne novice demande ce qu'elle pourrait bien lire pour découvrir la motricité libre, l'ouvrage le plus cité est celui de la kinésithérapeute Michèle Forestier : "De la naissance aux premiers pas". 



Là je suis bien embêtée car oui ce livre est génial, plaisant à lire, bien illustré et accessible au plus grand nombre mais bien que l'idée de départ soit bien la motricité libre, l'auteur, dans la méthode qu'elle propose s'en éloigne pourtant un peu. C'est vrai le postulat de départ est là : on ne place jamais un enfant dans une position qu'il n'a pas acquise de lui-même, on ne le fait pas marcher en lui tenant les bras en l'air.... la motricité libre dans son ensemble est bien expliquée mais ce qu'elle propose elle, c'est un accompagnement sur la base de cette motricité libre et non de la motricité libre. Ainsi elle présente toute une série d'exercices pour aider l'enfant dans ses découvertes motrices. 

J'ai eu la chance d'assister à une conférence où elle présentait son ouvrage. C'est vrai qu'elle explique très bien pourquoi elle propose cet accompagnement. Au départ ces exercices sont faits pour aider l'enfant quand un problème est rencontré et que la motricité ne se met pas en place correctement. Si l'enfant est génétiquement programmé pour se hisser sur ses deux jambes, il peut arriver que des éléments viennent effectivement perturber cette belle mécanique. Les solutions que Michèle Forestier propose sont alors très intéressantes, d'autant plus qu'elles ne vont pas à l'encontre de la motricité libre mais en tiennent toujours compte. Là où je suis plus gênée, c'est que finalement cet accompagnement direct, ces exercices, elle nous suggère de les utiliser pour tous les enfants, et non pas seulement ceux en difficulté, notamment en accueil collectif afin de ne pas passer à côté d'un éventuel problème. Je pense pour ma part, qu'avec une bonne observation et un bon accompagnement indirect (c'est à dire sur l'environnement et non sur l'enfant), on se rend très vite compte si une difficulté s'installe et on peut se permettre de n'accompagner que ceux qui en ont réellement besoin. J'ai moi-même utilisé ses conseils lorsque j'ai travaillé en crèche en adaptant ma façon de prendre un bébé dans mes bras lorsque celui-ci semblait avoir des difficultés à passer de la position plat dos à la position plat ventre.

La position plat ventre justement, parlons-en ! Normalement c'est une position que l'enfant doit découvrir seul. En motricité libre on ne place pas sur le ventre un enfant qui ne sait pas s'y mettre seul. Michèle Forestier pense au contraire qu'il ne faut pas hésiter à proposer à l'enfant cette position. Elle argumente son choix par le fait que de plus en plus d'enfants semblent ne pas apprécier cette position et qu'il faut donc les inciter à se retourner le plus tôt possible afin de leur permettre de faire plus de découvertes. Elle pense que cette situation est liée à la façon de coucher les enfants. Avant selon elle, on couchait les enfants sur le ventre et ils étaient donc habitués très tôt à cette position. Désormais on les couche sur le dos et ne sont donc plus du tout à l'aise sur le ventre. Je ne me souviens pas avoir vu des enfants couchés sur le ventre dans les films présentant la pouponnière de Loczy mais, c'est vrai que son raisonnement demande réflexion.

"De la naissance aux premiers pas" permet en tout cas de répertorier tout ce qui est proscrit lorsqu'on fait pratiquer la motricité libre et rien que pour cela, il peut effectivement aider les débutants.

Le site de Michèle Forestier : http://michele-forestier.fr/


3) La motricité libre, ce n'est pas du grand n'importe quoi : 

Je vais aborder là le sujet qui me tracasse le plus. Je vois de nombreuses photos circuler sur lesquelles nous pouvons voir des petits se mettre clairement en danger avec en titre "Vive la motricité libre". Alors là, je vais sans doute me fâcher avec certains d'entre vous mais je suis désolée, un enfant qui crapahute tout en haut d'un arbre à chat par exemple, ce n'est pas de la motricité libre ! Un bébé debout sur une chaise, elle même posée sur une table, elle même entreposée sur un balcon, non ce c'est pas de la motricité libre ! Ce n'est pas parce que l'enfant est laissé libre de ses mouvements qu'on doit le laisser faire n'importe quoi. La motricité libre doit être pratiquée dans un endroit sécurisé, et l'environnement doit être étudié pour que l'enfant puisse exercer sa motricité sans danger. Sans pour autant capitonner son appartement, et tout en faisant confiance à son enfant, on ne doit tout de même pas tenter le diable!

En partageant ce genre de photos, j'ai bien peur que vous finissiez par nous faire tous passer pour des inconscients. Certes, les enfants qui pratiquent la motricité libre sont très à l'aise dans leur corps, plutôt agiles, se font rarement mal, connaissent bien leur centre de gravité et se sortent généralement bien de toutes les situations, mais il ne faudrait pas laisser croire qu'ils deviennent tous des casses cou, qui escaladent tout ce qu'ils croisent sur leur chemin donnant au passage des sueurs froides à leurs parents. La plupart de ces enfants sont au contraire plutôt prudents, ne se lançant dans une exploration que lorsqu'ils ont réfléchi à la façon de faire. Ils sont généralement posés car ils ont confiance en leurs capacités et en l'adulte qui s'occupe d'eux. Certains enfants c'est vrai sont des électrons libres et vont pousser l'exploration un peu plus loin que les autres. Mais il y a fort à parier que ces petits là auraient fait la même chose sans la motricité libre.


Au même titre que les photos, certaines de vos questions m'interpellent aussi beaucoup. "Comment faîtes-vous dans la rue pour respecter la motricité libre", ou "chez des amis quand leur maison comporte des dangers" ? Franchement je ne me suis jamais posé ce genre de question. Dans la rue un enfant qui marche à peine doit être tenu par la main, porté ou posé dans une poussette. Un point c'est tout !  Il me semble que la motricité libre n'a pas sa place dans la rue au milieu des voitures ! C'est une question de bon sens. Ce serait vraiment dommage de discréditer la motricité libre avec des comportements extrémistes. Qu'en pensez-vous ?


Les textes en italique sont tirés du livre :
 L’activité libre du jeune enfant, choix de jouets, d’objets et de jeux
Hors série Métiers de la petite enfance – mai 2008 Association Pikler Loczy deFrance

mardi 17 novembre 2015

Journée d'étude Pikler à Besançon : La motricité libre, l'activité autonome du jeune enfant - Soutenir son sentiment de compétence

Le groupe local d'adhérents de l'association Pikler-Lóczy est heureux de vous annoncer que la prochaine journée d'étude Pikler aura lieu : 

le samedi 5 décembre 2015 à Besançon à l'IRTS de Franche-Comté

sur le thème : 




LA MOTRICITÉ LIBRE, L'ACTIVITÉ AUTONOME DU JEUNE ENFANT 
Soutenir son sentiment de compétence 


Problématique

 Les travaux d’Emmi Pikler, nous amène à reconsidérer l’importance du jeu libre et de l’activité autonome du jeune enfant. Découvrir l'intérêt pour le tout petit du mouvement libre et de l'activité autonome, amène à considérer l'enfant comme une personne, dès le plus jeune âge, capable d'initiative, compétente, et capable de prendre une part active à son propre développement. Ce nouveau regard fait évoluer chaque adulte accueillant dans ses pratiques, dans sa façon d'être, de faire avec l'enfant et dans sa façon de lui parler : il apprend à lui faire confiance et à lui laisser le temps d’agir et de réagir. Il développe des attitudes qui ne rendent pas l’enfant dépendant de l’adulte au contraire qui lui permettent de construire sa capacité d’être autonome dans la limite de ses capacités.  
Objectifs Réfléchir à la façon dont on donne à l'enfant, dès le plus jeune âge, la possibilité d'agir par lui-même, de choisir, de décider de ses activités ludiques mais aussi de ce qui concerne son corps propre. Comment lui permettre de prendre une part active dans son développement ? Quel est le rôle de l'adulte dans cet apprentissage qu'est l'acquisition de l'autonomie ?  

Contenu 

1. Importance de la motricité libre et de l'activité autonome :  Reconnaître le plaisir que les tout jeunes enfants peuvent tirer de leur propre activité, leur donner la possibilité d'être actifs  et de développer leur initiative personnelle dans tous les moments de la vie quotidienne, c'est leur permettre de construire  un sentiment de compétence et une confiance en eux-mêmes. 

2. Rôle de l'adulte : • Dans quelles conditions le bébé puis le jeune enfant peut-il exercer sa motricité libre ?  • De quel type de présence l'enfant a-t-il besoin pour jouer en toute tranquillité ? • Comment permettre à l'enfant de développer ses capacités à son propre rythme et de sa propre initiative ? Comment lui permettre un libre choix ? Comment les professionnels peuvent-ils accompagner l'enfant dans la découverte de ses compétences ? • Comment  soutenir son intérêt des objets et son attention à ce qu'il fait ? • Comment lui permettre de se sentir compétent et d'acquérir confiance en soi et capacité à être autonome ? • Comment lui donner l'espace et le temps pour acquérir les étapes successives de son développement tout en le constituant comme partenaire actif ? • Concrètement, quels aménagements de l'espace intérieur et extérieur ? Quels jeux et quelles activités ?  A quel âge?  A quels moments de la journée ? Présentés de quelle manière ?  

Horaires       de 9h30 à 17h30  

Tarifs   110 €  - adhérent 55 € - Tarif étudiant 20 € (sur présentation d’un justificatif)  
Intervenante  Sylvie LAVERGNE, psychomotricienne

 Lieu   IRTS de FRANCHE COMTE 1 rue Alfred de Vigny CS 52107  25 051 BESANCON CEDEX   
Réf. JD366 

5 décembre 2015 

Inscription à l’Association (si prise en charge employeur, fournir justificatif d’accord)  La clôture des inscriptions a lieu 5 jours ouvrés pleins, avant la date de la formation 

mercredi 11 novembre 2015

LA RENCONTRE DE NOVEMBRE DES ASSISTANTES MATERNELLES



La prochaine rencontre de novembre des assistantes maternelles du groupe lyonnais de l'association Pikler aura lieu le 26 novembre 2015. 

Elle aura pour thème :

 L’importance du rôle des paroles adressées à l’enfant
 dans la construction de l’image de soi.


Contenu

Bien avant de parler lui-même, le petit enfant est réceptif et sensible à la parole. Celle-ci est indispensable au développement de la vie psychique et à l'humanisation. Mais elle peut être aussi une arme qui blesse et porter atteinte à la personne de l'enfant en devenir.

Il est donc nécessaire de réfléchir tant à son contenu qu'à sa forme : aux mots eux-mêmes, mais aussi à la tonalité, au volume de la voix, au rythme des paroles, à l'expression du visage et aux mouvements du corps de l'adulte qui colorent le message verbal et lui confèrent une signification et un impact spécifiques. 

L'ensemble de ces éléments va infléchir la communication entre l'adulte et l'enfant et jouer un rôle déterminant dans la construction et le climat de leur relation. 

Tous les renseignements nécessaires sont ci-dessous

Horaires  Accueil dès 19h - de 19h30 à 21h30 
Tarifs 8 € - tarif individuel uniquement  gratuit pour les adhérents  (un reçu pourra être remis aux participants) 
Intervenante Nicole SIMON-BOGAERS, psychologue 
Lieu Collège Gilbert Dru - 42 rue Jeanne Hachette - 69003 LYON   

PAS D’INSCRIPTION PRÉALABLE 

Profitez-en aussi pour visiter le site de l'association qui arbore un tout nouveau look beaucoup plus attractif. Ne vous fiez cependant pas au descriptif de cette formation sur le site, qui nous présente le contenu de l'année dernière. L'erreur est humaine ! 

J'espère vous retrouver là-bas .  

mercredi 18 mars 2015

CHANTS ET COMPTINES AVEC LES JEUNES ENFANTS

Voici le contenu de la prochaine soirée débat lyonnaise. Elle se déroulera le 26 mars prochain au Collège Gilbert Dru à Lyon 3 :






CHANTS ET COMPTINES AVEC 
LES JEUNES ENFANTS
Intérêts pour l'enfant, pour l'adulte
 et pour la relation







Problématique

Chants et comptines sont des temps de plaisir, de musique, de langage et de rencontre entre adulte et enfant. Et en connaissant mieux l’intérêt et la diversité, comment les valoriser et leur faire une place durant la journée d’accueil du jeune enfant ?. Comment d’un ressenti personnel, construire une activité professionnelle ?

Contenu

Les origines des comptines et berceuses, leurs racines communes. Leur transmission qui permet de s’inscrire dans une histoire culturelle, humanisante.

Rencontre avec un monde sonore et sa rythmique, les chants et comptines participent aussi au développement psychomoteur.

Partagés d’abord entre un adulte et un enfant, ils accompagnent l’individualisation de leur relation dans un espace « entre-deux », un espace transitionnel qui, de l’intime ouvrir au social.

Une « mise en bouche » de différentes comptines, permettra d’en éprouver /retrouver les ressentis quelles peuvent susciter ; et de réfléchir à partir d’une proposition de classification, à leur place et leur utilisation dans un temps d’accueil.



Intervenant(s) :
Olivier GILLY, éducateur jeunes enfants
Durée : 1 jour
Date(s) : 26/03/2015
Lieu : Rhône Alpes
Tarif : 8 €

Gratuit pour les adhérents
Tarif individuel uniquement
Pas d'inscription préalable
Un reçu de paiement pourra être remis aux participants

La soirée se déroulera de19h30 à 21h30 - Accueil à partir de 19h00
au Collège Gilbert Dru - 42 rue Jeanne Hachette - 69003 LYON


dimanche 8 mars 2015

Miriam Rasse : La transmission aux parents





Le 20 novembre dernier, j'ai eu le plaisir d'assister à la rencontre de novembre des assistantes maternelles organisée par le groupe lyonnais de l'association Pikler Loczy de France pour une réflexion sur l'enfant. Ces soirées débats créées spécialement pour un public d'assistants maternels mais ouvertes à tous, professionnels de la petite enfance ou parents, se déroulent chaque année à la même époque, sur un thème à chaque fois renouvelé.

Cette année, la réunion portait sur les transmissions aux parents, avec aux commandes, Miriam Rasse en personne, directrice de l'association mais aussi psychologue en crèche.



Les relations avec les parents : 


En préambule à son intervention, Miriam Rasse a tenu à rappeler quelques éléments concernant les relations avec les parents. En effet, ce ne sont pas des relations très simples car elles comprennent de nombreux facteurs et de nombreux enjeux. Elles commencent pendant la période d'adaptation qu'il ne faut surtout pas négliger. On est souvent tenté de l'écourter or il faut au contraire prendre du temps car c'est à ce moment que se construisent les bases des relations futures. Durant cette période, il faut définir le cadre de l'accueil. Plus il sera défini précisément, plus on pourra par la suite s'y référer. On doit bien sûr rappeler les termes du contrat, mais aussi parler de la place de l'enfant au domicile de l'assistant maternel : les pièces privées et celles du travail ; on parlera aussi de l'organisation de la journée. Il faut toujours garder en tête que les parents nous confient leur "bien" le plus précieux. Ils veulent le protéger et ils ont des craintes. Saurez-vous bien vous occuper de leur enfant ? La confiance est quelque chose qui se construit et les transmissions au quotidien ont une place importante dans l'instauration de cette confiance. Il faut des preuves concrètes pour qu'ils aient confiance.

D'autre part, ils ont aussi des craintes par rapport aux relations que l'enfant va construire avec vous. Ils sont contents que l'enfant soit bien mais ils craignent que l'assistante maternelle prenne trop d'importance. Parfois ils interprètent certaines situations dans ce sens comme par exemple quand l'enfant ne veut pas partir le soir.

Très vite, ils peut y avoir des phénomènes de rivalités, de compétition : on se compare. Qui est le meilleur ? Or pour de bonnes relations, il faut essayer de ne pas entrer en rivalité. Nous ne sommes pas à la même place : les parents sont là pour toute la vie alors que nous, nous n'intervenons que quelques années tout au plus.

Notre rôle est de conforter les parents dans leur place et dans leur relation avec leur enfant. Il faut ainsi valoriser ce que les parents apportent, leur dire par exemple que si l'enfant profite bien de sa journée chez vous c'est parce que le parent a su donner la confiance nécessaire, sa sécurité est déjà construite. Cela conforte les parents dans leur importance. Nous, assistant maternels, sommes à une autre place, à une fonction complémentaire mais non équivalente. On ne remplace pas : on prend soin de l'enfant en l'absence de ses parents. C'est une fonction d'accueil. On accueille l'enfant comme il est, mais aussi les parents. Même absents, les enfants portent leurs parents à l'intérieur d'eux.

On peut être tenté de penser, quand l'enfant n'a pas le même comportement avec les parents qu'avec nous, que l'on fait mieux qu'eux. Or ce n'est pas le cas. C'est simplement parce que la relations avec les parents et avec nous, n'est pas la même. Et de la vient la différence : nous ne sommes pas touchés de la même façon et il est bien plus simple de mettre des règles avec les enfants des autres qu'avec nos propres enfants. C'est pour cette raison que les enfants ont des comportements différents. D'ailleurs on peut penser que si un enfant se comporte trop sagement, c'est peut être qu'il n'est pas sûr de la relation qu'il a avec l'assistant maternel. Si il commence à s'opposer, c'est qu'il est peut-être en confiance. Lors des retrouvailles le soir, l'enfant sait que si il pousse les limites il aura peut-être ce qu'il veut. Il a appris que ce qui le lie à ses parents est tellement fort que ça ne sera pas remis en cause par son comportement. C'est là qu'il faut expliquer la situation aux parents et dire que c'est normal : quand les enfants s'opposent, c'est parce qu'ils les aiment.

Il ne faut pas oublier non plus que tous les jours, l'enfant doit vivre la séparation. Il va donc falloir qu'il mette en place des choses pour ne pas être trop triste.

Alors quel comportement adopter ? Il faut se retenir de donner des conseils aux parents. C'est important qu'ils trouvent leur propre chemin car il n'y a pas une seule façon de bien s'occuper d'un enfant. Nous ne sommes pas là pour conseiller le parents mais pour lui transmettre tout ce qu'on a pu constater des capacités de son enfant.

Ne pas transmettre des conseils mais des connaissances 

C'est une façon de les valoriser. Sur la question des règles et limites, nous devons insister sur la régularité et essayer qu'il n'y ai pas trop de règles mais qu'elles soient toujours les mêmes. 

Il faut garder en mémoire que pour le parent aussi, il faut qu'il se sépare tous les jours et que ce n'est pas toujours un choix Il est difficile même pour ceux qui choisissent la situation de se séparer de son enfant surtout quand il est tout petit. Quand il arrive chez nous, ça ne fait parfois que 3 mois qu'ils se connaissent. C'est très peu ! On commence à peine à se connaître qu'il faut se séparer. C'est une relation en construction et comme tout ce qui est en construction c'est vulnérable et fragile donc il faut en prendre soin. 

Le professionnel doit prendre soin de la relation parents-enfant

Il ne faut pas juger le parent qui est le phare pour l'enfant. On ne doit pas y toucher. Aucun parent ne fait exprès de faire mal. Il fait ce qu'il peut. Il faut veiller à ne pas attaquer cette relation. Le parent a besoin d'être accueilli tel qu'il est, ce qui ne veut pas dire que l'on doit accepter tout (on doit poser des règles). Accueillir n'est pas accepter. On entend ce qu'ils ont à dire sans être obligé de se plier à toutes leurs exigences. 

Avant 3 ans, un enfant n'est pas prêt pour se séparer de sa famille. Ses parents sont sa sécurité fondamentale et il ne peut pas les faire exister quand ils ne sont pas là. Même si on lui dit tous les jours que les parents reviennent, il n'en est pas tout à fait sûr (voir Piaget : la permanence de l'objet car ce qui est vrai pour les jouets l'est aussi pour les personnes).

Notre travail c'est alors de pouvoir parler à l'enfant de ses parents pour les rendre présents. On peut par exemple parler à l'enfant des transmissions des parents : "tu as l'air d'avoir faim, c'est vrai que maman m'a dit que tu n'avais pas bien mangé ce matin" De même, quand l'enfant dit maman au cours de la journée au lieu de lui dire "je ne suis pas maman" on peut très bien lui dire "tu penses à ta maman" et relater les faits aux parents : " votre enfant pense souvent à vous". 

Le fait que le parent soit aussi notre employeur ne simplifie pas les choses. On parle au parent mais aussi à l'employeur : on est obligé de monnayer la relation. 

Les transmissions du matin :

Les transmissions sont importantes et cela nécessite du temps. Comme c'est important, il ne faut pas les faire n'importe comment, éviter de les faire sur le pas de la porte ou devant l'école. Elles ont une fonction principale : la continuité. Elles relient des vécus différents. Les deux mondes sont totalement différents et il est important d'aider l'enfant à relier ces expériences différentes. Il est en train de construire son identité (qui je suis). Il ne se connaît pas lui-même. Il ne commencera à se comprendre que quand il dira JE (vers 2 ans 1/2, 3 ans). Il faut qu'il sente qu'il est toujours lui, chez ses parents ou chez l'assistant maternel. Mais relier des expériences différentes ne veut pas dire faire pareil. Prenons par exemple le sujet de l'acquisition de la propreté. Parfois les parents décident que leur enfant ne doit plus porter de couches à la maison et vous demandent d'en faire autant chez vous. Vous, vous savez qu'à votre domicile il n'est pas prêt. Vous pouvez très bien leur faire comprendre que chez vous, il en a encore besoin et que de ce fait, vous continuerez à lui en mettre avec leur accord pendant quelques temps. Ainsi, en cours de journée, vous pourrez dire à l'enfant : "je sais qu'à la maison tu ne mets plus de couches mais ici, tu en as encore besoin et je sais que tes parents sont d'accord." La continuité n'est ainsi pas rompue. 

Mais de quoi a-t-on besoin pour assurer la continuité justement ? Et bien, nous avons besoin de tout ce qui nous aide à décoder le comportement de l'enfant pendant la journée. Un petit enfant est capable d'exprimer ce dont il a besoin par son comportement. Il parle avec son corps. Il s'agit donc de décoder ce qu'il nous dit. Plus les parents nous donnent d'informations plus l'enfant se sentira compris, pris en compte. A-t-il bien dormi, bien mangé, est-il malade ? Y'a-t-il eu des incidents lorsque l'enfant a été préparé le matin qui auraient pu le mettre en colère ? 

Il y a toutefois des événements qu'il est bon de connaître mais dont on n'a pas besoin d'apprendre les détails : problèmes de couples tels que les divorces, disputes ou autres problèmes familiaux. Nous devons être capables d'arrêter les parents quand ils nous en disent trop en leur faisant remarquer que nous ne sommes pas les bonnes personnes pour accueillir ces confidences. Il faut garder une distance et toujours se demander si nous avons besoin de savoir ce que le parent est en train de nous dire. Nous ne sommes pas là pour devenir des "copines" et prendre partie. Il faut avoir en tête que plus tard,  ils pourraient regretter d'avoir dit des choses personnelles, ce qui compliquerait les relations futures. L'enfant, lui va être fragilisé et il aura encore plus besoin de sentiments de sécurité (repères, valorisation). Il faudra faire attention à lui. Pour résumer il faut se protéger et protéger la relation que l'on a avec le parent. 

Les parents eux, peuvent avoir besoin de transmettre un grand nombre d'informations lors de ces transmissions du matin. Ça les rassure. Ils vont apporter des éléments pour que l'enfant soit bien. Ils peuvent avoir beaucoup d'exigences. On doit les entendre, mais ça ne veut pas dire que tout doit être accepté. Par exemple, au sujet des siestes, si le parent veut qu'on réveille l'enfant, il est important d'essayer de cheminer vers une alliance avec lui dans l'intérêt de l'enfant. Ensemble on doit réfléchir à la problématique et on doit chercher ensemble une solution comme peut-être le coucher plus tôt.

Vous ne devez pas oublier que si un parent est très exigent voire vous fait beaucoup de reproches, c'est peut-être parce que vous représentez quelque chose d'intolérable pour lui : la séparation ! Il faudra alors faire preuve d'empathie : essayer de se mettre à la place de l'autre pour comprendre ce qu'il ressent (si j'étais à sa place comment je réagirais ?).

Les transmissions du soir :

Elles doivent prendre un peu plus de temps. 5 minutes suffisent mais il faut que ce soit du vrai temps. On ne doit pas oublier que ce que l'on va dire, l'enfant l'entend, même si c'est un bébé, donc on ne doit donc pas mentir en disant par exemple que tout s'est bien passé alors qu'il a hurlé une bonne partie de la journée. On lui renvoie l'image de ce qu'il a été dans la journée. Si vous ne lui renvoyez pas la bonne image, il pensera que vous n'avez rien compris. On devra plutôt, sans mentir, réussir à dire aussi ce qui a été positif dans la journée. 

D'ailleurs, comme cela renvoie aussi aux parents, l'image que l'on se fait de l'enfant, il  est important de trouver tous les jours, une chose positive à dire ainsi qu'une anecdote à raconter. Plus on raconte de détails, plus ça montre à l'enfant (ainsi qu'aux parents) que l'on a fait attention à lui et donc qu'il est important. On construit ainsi l'estime de soi. Ça donne aussi confiance aux parents et ça va les aider. Il ne faut pas se contenter de parler du corps de l'enfant (bien mangé, bien dormi, fait caca...). Nous ne "gardons" pas simplement les enfants, nous les aidons à se construire.

On peut aussi s'interroger sur la façon dont on dit les choses. Bien mangé, ça veut dire quoi ? Pour Miriam Rasse, bien manger c'est manger avec plaisir. Qu'importe si l'assiette a été ou n'a pas été finie.  

Il est important pour l'enfant qu'il se rende compte que l'assistante maternelle et les parents se parlent.

Ainsi s'achève ce compte rendu qui aurait certainement été un peu plus complet si je n'avais pas laissé passer autant de temps entre sa rédaction et la réunion. J'en profite pour vous rappeler que sur le site, il existe des fiches qui peuvent vous aider dans ces transmissions. 

Je vous avais présenté l'une d'elle ici : 
et la version 2015 arrivera très prochainement.

A bientôt ! 

mardi 27 janvier 2015

Prochain stage lyonnais : ACTIVITES LIBRES, ACTIVITES DIRIGEES...Que proposer aux enfants entre 18 mois et 3 ans ?

Voici une proposition de stage qui va intéresser les lyonnais. Il s'agit d'une formation qui se déroulera à Lyon les 2-3 et 26-27 mars prochain, sur le thème :


ACTIVITES LIBRES, ACTIVITES DIRIGEES, ACTIVITES PROPOSEES, ACCOMPAGNÉES ?
Que proposer aux enfants entre 18 mois et 3 ans ?


Référence : ST391 - Lyon







Problématique

Que recouvrent ces termes si souvent employés dans les projets pédagogiques ?
S’agit-il pour les enfants de faire des activités ou bien d’être actif ?
S’agit-il des actions des enfants ou de ce qui est mis en place par les adultes ?
Participer à une activité induit-il une action volontairement décidée par l’enfant ?

Contenu

Qu’est-ce qu’être actif pour un jeune enfant ?
Le rôle de l’activité autonome dans les apprentissages, le développement de l’intelligence, la construction de la personne.
Les besoins spécifiques de chacun, comment on y répond, prenant en compte aussi ses intérêts et capacités du moment, dans des groupes d’âges homogènes et d’âges mélangés ?
Les conditions à mettre en place pour que l’aménagement de l’espace, le choix de matériel et de jouets adaptés permettent un libre-choix de l’enfant et ne deviennent pas un « laisser-tout-faire ».
Mieux identifier le rôle de l’adulte à réfléchir pour que l’activité de l’enfant soit un plaisir d’agir et ne soit pas remplacé par une errance stérile.

Méthodes de Travail 

La formation est interactive, basée sur des apports de connaissances théoriques et cliniques qui peuvent être illustrés de séquence de film. Analyse de situations apportées par les participants eux mêmes. Travaux de groupe.
Synthèses et bilans viendront ponctuer la formation.

Public 

Cette formation s'adresse à tous les professionnels de la Petite Enfance et de la Famille, ou toutes autres personnes concernées et en relation avec le jeune enfant et ses parents

Intervenants : Sylvie MUGNIER, psychologue
                Olivier GILLY, éducateur de jeunes enfants

Durée : 4 jours de 9h30 à 17h30

Dates  et Lieu : 2-3 mars et 26-27 mars 2015
                        Ecole Rockefeller EIAS
                        4 avenue Rockefeller
                        69373 Lyon Cedex 08

 Tarif :                720 €

Pour plus de renseignements, veuillez contacter l'association sur le site Pikler

Formulaire d'inscription :